Nathalie Sanchez œuvre dans le milieu hospitalier depuis trente ans, dont 12 ans de pilotage d’établissement public de santé. Elle est actuellement à la tête d’un centre hospitalier dans Val-D’Oise qui comprend plus de 2 600 professionnels.

Introduction

D’après Nathalie Sanchez, avec la pandémie du Covid-19, il est un peu difficile de gérer les structures et les équipes. En effet, les enjeux se présentent principalement sur le fait d’avoir des professionnels qui ont envie d’être là, de les attirer et de les garder mais aussi de reprendre le rythme et la prise en charge de l’ensemble des patients.

La notion de bienveillance est au cœur du métier de santé, et doit être au cœur des organisations et du management des hôpitaux. Une idée de la symétrie des intentions, du métier et de la mission de prise en charge des soins est donc nécessaire pour répondre à ces enjeux.

Le centre hospitalier que pilote Nathalie Sanchez a déployé une démarche de juste bienveillance. Il a mis en place un projet social et un projet managérial. Le projet social était prévu dans le contexte de l’hôpital, mais le projet managérial est innovant. Ces deux projets ont la même intention d’avoir des professionnels acteurs dans leur hôpital. Ils s’articulent pour créer des niveaux de bienveillance dont la base est de donner les moyens de faire du travail de qualité et aussi du temps relationnel. Il y a un travail en lien avec les managers de savoir quels sont les effectifs cibles et de gérer les remplacements.

Interview complète

La santé physique et la santé psychique sont aussi utiles dans le projet social des professionnels. Le psychique, surtout parce qu’on est dans une relation avec la personne et avec les collègues. Nathalie soutient alors qu’ils ont des dispositifs d’écoute psychologique, de supervisions et d’accompagnement des équipes. Grâce à ça, l’équipe se retrouve et retrouve l’équilibre, car chacun a la liberté de parole et d’émotion. Le manager accompagne son équipe vers l’autonomie et la responsabilité ainsi que vers la liberté et il est également accompagné à son tour pour bien assurer sa mission.

Quand on initie une démarche d’authenticité, il est primordial de chercher le meilleur en nous et être profondément convaincu et travailler sur soi. Afin de découvrir l’intention de cette bienveillance, il faut être aligné. En effet, la bienveillance se vit, mais on doit l’accompagner avec l’exigence.

L’autonomie et la subsidiarité sont deux processus importants du CODIR que Nathalie Sanchez a mis en place. Elle fait vivre ce qu’elle ressentait, elle s’écoute en bienveillance et partage. Pour elle, cette notion d’écoute est l’élément fondamental de la bienveillance elle-même.

Avec le quotidien qui est très lourd, l’exigence vient sans bienveillance, et c’est ce qui constitue un frein. Rester dans l’exigence et faire expérimenter l’autonomie est donc une logique de bienveillance qui mène vers la performance.

D’après Solange Sanchez, dans le quotidien de leurs interactions, la notion exigence- bienveillance se travaille. Notamment avec des formations managériales et des coachings individuels. Selon elle, pour pérenniser, il faut continuer de diffuser et d’essayer de voir si d’autres personnes ont envie de s’investir pour être des diffuseurs et/ ou des facilitateurs. Ils ont investi sur des dispositifs de « design thinking » pour que tout le monde puisse participer à des sujets transversaux, sur une plateforme numérique pour élaborer le programme de rénovation.